Il n’aimait pas parler de ses parents, ce qui était en passe de devenir un problème, puisque la cinquantaine était aussi l’âge auquel les parents se transformaient en un inépuisable sujet de conversation. Les soirées entre amis dérapaient de plus en plus dans de tristes bourbiers, sombraient dans les connaissances abyssales de l’assemblée sur la démence, la maladie de Parkinson ou le cancer en phase terminale ; on échangeait des adresses d’assistantes à domicile ou de maisons de retraite, puis de notaires et de pompes funèbres ; les fratries entraient en guerre, et Jakob mesurait lors de ces discussions la chance qu’il avait d’être enfant unique.

— Lucy Fricke, la Fête (trad. Isabelle Liber)