
2009
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[…] quand vous parlez à un homme socialement technique, il ne rêve que du temps où les machines feront tout le travail, où l’homme ne travaillera plus — c’est-à-dire respirera à la surface, croit-il — ne travaillera plus que quelques minutes par jour à pousser des boutons de machineries ou à lever et baisser des commutateurs. Et qu’est-ce qu’il fera le reste du temps, lui demandons-nous ? Et il nous répond : il se cultivera ; quand ce pauvre homme a oublié, ne sait pas, ne peut pas savoir, dans sa postion antinaturelle, que la vraie culture de l’homme c’est précisément son travail, mais un travail qui soit sa vie, ce qui, évidemment, n’est le cas pour aucun travail technique.
[…] On ne peut pas savoir quel est le vrai travail du paysan : si c’est labourer, semer, faucher, ou bien si c’est en même temps manger et boire des aliments frais, faire des enfants et respirer librement, car tout est intimement mélangé, et quand il fait une chose il complète l’autre. C’est tout du travail, et rien n’est du travail dans le sens social de travail. C’est sa vie.
— Jean Giono, « Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paix », Écrits pacifistes
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Garfield Minus Garfield is a site dedicated to removing Garfield from the Garfield comic strips in order to reveal the existential angst of a certain young Mr. Jon Arbuckle. It is a journey deep into the mind of an isolated young everyman as he fights a losing battle against loneliness and depression in a quiet American suburb.
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When you discussed making The Road into a movie with John, did he press you on what had caused the disaster in the story?
A lot of people ask me. I don’t have an opinion. At the Santa Fe Institute I’m with scientists of all disciplines, and some of them in geology said it looked like a meteor to them. But it could be anything—volcanic activity or it could be nuclear war. It is not really important. The whole thing now is, what do you do? The last time the caldera in Yellowstone blew, the entire North American continent was under about a foot of ash. People who’ve gone diving in Yellowstone Lake say that there is a bulge in the floor that is now about 100 feet high and the whole thing is just sort of pulsing. From different people you get different answers, but it could go in another three to four thousand years or it could go on Thursday. No one knows.
What kind of things make you worry?
If you think about some of the things that are being talked about by thoughtful, intelligent scientists, you realize that in 100 years the human race won’t even be recognizable. We may indeed be part machine and we may have computers implanted. It’s more than theoretically possible to implant a chip in the brain that would contain all the information in all the libraries in the world. As people who have talked about this say, it’s just a matter of figuring out the wiring. Now there’s a problem you can take to bed with you at night.
— Cormac McCarthy, propos recueillis par John Jurgenson
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Mon neveu m’explique
qu’il a brûlé son premier roman.
Tout bon écrivain commence par
être un critique impitoyable.
Il lui faut maintenant apprendre
à user d’un peu de compassion envers son travail.— Dany Laferrière, l’Énigme du retour
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Jean-Philippe Toussaint à propos de la Vérité sur Marie. (Deuxième partie ici.)
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Éditions souterraines, Éditions des Catacombes […], Éditions de la Liberté, Éditions du Refus… Mais un jour, rue Bonaparte, — je jouais avec les mots : l’ombre, la nuit, minuit — sur ce dernier me reviennent soudain un titre de Duhamel, un autre de Mac Orlan… La Confession de Minuit [sic]… La Tradition de Minuit… Bon sang, mais voilà ce qu’il nous faut : Les Éditions de Minuit ! J’en suis si enchanté que je file aussitôt chez Lescure qui n’en est pas moins heureux que moi.
— Vercors, la Bataille du silence
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Et j’ai bien envie de dire ici à ceux qui choisissent d’écrire comme on parle qu’ils ne trahiraient point leur beau souci d’authenticité s’ils écrivaient plutôt comme on se tait.
— Éric Chevillard, l’Autofictif
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Des astronomes ont découvert un gigantesque trou, s’étendant sur près d’un milliard d’années-lumières, vide de matière connue — étoiles, galaxies, gaz — ainsi que de la mystérieuse « matière noire », selon des résultats publiés vendredi.
« Non seulement personne n’avait jamais trouvé un trou aussi grand, mais nous n’avions jamais imaginé en trouver un aussi grand », a déclaré Lawrence Rudnick (Université du Minnesota, États-Unis), qui a dirigé l’équipe rapportant cette découverte dans la revue Astrophysical Journal.
— Agence France-Presse, 24 août 2007
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Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres,
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.— Jules Supervielle, la Fable du monde
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La vraie nature de cette énergie noire demeure un grand mystère pour les astrophysiciens qui ont imaginé divers modèles pour en expliquer la nature. « Le destin futur de l’univers, du coup, reste totalement inconnu parce que, selon la nature de cette énergie noire, ça peut complètement le changer », lance le scientifique. Une possibilité théorique est que cette énergie soit constante dans le temps, comme l’est l’énergie du vide cosmique quantique. Ce qui veut dire qu’elle domine la matière et la dominera toujours de plus en plus. Ainsi, l’expansion de l’univers continuera toujours de s’accélérer jusqu’au grand déchirement (le « big rip »). « Dans ce scénario, l’univers futur, dans des milliards d’années, se dilatera tellement vite sur toutes les échelles que l’espace sera déchiqueté et qu’aucune structure matérielle ne pourra résister. […] La terre éclatera et même les atomes eux-mêmes finiront par ne plus tenir ensemble », explique M. Luminet.
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Il imagina une forêt profonde. Il allait, se frayant un chemin dans un silence parfait. Il trouvait une cabane abandonnée. Il se laissait tomber sur un lit de sangle. Il n’y avait là ni journaux, ni radio, ni réveille-matin. Alexandre s’apaisait. Ses mains commençaient à se desserrer. Sa bouche se déplissa quelque peu. Les arbres de la forêt furent agités par le vent. Ces arbres imaginés par Alexandre étaient d’un accueil plein de bonté, tendre, vert, et sa nostalgie inconsciente leur imprimait un mouvement léger qui le charmait. C’était comme un doux bruit de pluie autour d’Alexandre. Une sensation de repos envahissait son âme à l’aise dans la seule vie végétale.
— Gabrielle Roy, Alexandre Chenevert

