Pierre rentre chez lui.
Le voici prisonnier entre ses quatre murs.
Pour lui, jusqu’à présent, les parties rassurantes, respirantes d’une chambre, ce ne sont pas les murs, mais les portes et fenêtres, car les portes s’ouvrent sur du nouveau, les portes permettent de s’en aller ; les fenêtres sont des amies ; par les fenêtres, on jette les yeux, on jette l’argent, on communique avec les vivants. Pierre n’attend plus rien de sa porte ; il ne regarde plus cette fenêtre qui donne sur un labyrinthe sans dégagement.
[…]
Plus trace en Pierre de mobilité et d’agilité. Il semble pris dans du ciment. Il jouit de toute sa réflexion, mais il a perdu sa sensibilité, il ne bouge plus. Ses pas lui paraissent maintenant aussi inutiles que des cris au fond d’une oubliette.
Tout est bouché. Il y a des gardes à toutes les issues. Plus de moyen de s’échapper.
— Paul Morand, l’Homme pressé