My great joy is to get up very early, about six, and be at my desk by seven, which gives me a long morning that stretches into the early afternoon for writing, after which, I read for three or four hours. I do this every day except Sunday. I am stunningly free.
2010
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Et Marc ? enchaîna-t-elle. Le garçon avec qui je vivais ?
Oui, dis-je. Marc.
Tu ne le supportais pas. Un soir, tu as refusé de l’inviter au prétexte que tu manquais de chaises. Tu pouvais être comme ça.
Je n’aurais même pas pu affirmer que tout ça me disait vaguement quelque chose. Je me souvenais très bien de l’appartement de la rue du Moulin-Vert et d’y avoir vécu, mais, quant au reste, rien. Ni incendie, ni fac, ni Élisabeth, ni Marc, ni chaises.
Je décidai de changer de sujet.
Et à part ça, dis-je, ça va ?
Très bien, dit-elle. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu ne voulais rien faire.
J’évitai le regard de Paul.
J’ai essayé, dis-je. Finalement, je travaille. Pour un journal.
C’est intéressant ?
Je redoutais ce genre de question.
— Christian Oster, Dans la cathédrale
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Alors que le soleil commençait à chauffer, à illuminer de reflets dorés la surface du lac, je méditai quelque temps sur la grâce, et sur l’oubli ; sur ce que l’humanité avait eu de meilleur : son ingéniosité technologique. Rien ne subsistait aujourd’hui de ces productions littéraires et artistiques dont l’humanité avait été si fière ; les thèmes qui leur avaient donné naissance avaient perdu toute pertinence, leur pouvoir d’émotion s’était évaporé. Rien ne subsistait non plus de ces systèmes philosophiques ou théologiques pour lesquels les hommes s’étaient battus, étaient morts parfois, avaient tué plus souvent encore ; tout cela n’éveillait plus chez un néo-humain le moindre écho, nous n’y voyions plus que les divagations arbitraires d’esprits limités, confus, incapables de produire le moindre concept précis ou simplement utilisable. Les productions technologiques de l’homme, par contre, pouvaient encore inspirer le respect : c’est dans ce domaine que l’homme avait donné le meilleur de lui-même, qu’il avait exprimé sa nature profonde, il y avait atteint d’emblée à une excellence opérationnelle à laquelle les néo-humains n’avaient rien pu ajouter de significatif.
— Michel Houellebecq, la Possibilité d’une île
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Dans la ville illustre grouillant de touristes excédés par les touristes, épuisés par la corvée des visites obligatoires, harcelés par les restaurateurs et les échoppiers, seuls semblent en vacances, torses nus dans le bleu du ciel, trois ouvriers sur un toit.
— Éric Chevillard, l’Autofictif
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[…] les laboureurs de la vallée venaient, le dimanche, avec leurs femmes et leurs enfants contempler le stylite. Les disciples de Paphnuce ayant appris avec admiration le lieu de sa retraite sublime, se rendirent auprès de lui et obtinrent la faveur de se bâtir des cabanes au pied de la colonne.
— Anatole France, Thaïs
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Si la traduction semble respectueuse du rythme et du swing de Kerouac, l’utilisation de maints parisianismes agace, irrite et finit par énerver au point de faire poindre un début de colère. Il aurait été facile de faire appel à un spécialiste québécois, ne serait-ce qu’à titre de conseiller, pour profiter de cette occasion unique pour donner au texte son aura franco-nord-américaine. En ce sens, la dernière occasion de restituer à Kerouac ses origines vient d’être ratée. C’est triste. Triste et malheureux.
— Michel Vézina, « I’m beat, man, i’m beat », le Libraire, numéro 25 (août-septembre 2010).
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Pour l’homme de lettres et fan de Kerouac Howard Cunnell, il faut à tout prix rendre justice à la furie initiale. C’est lui qui a établi le présent texte, patient travail dont l’excellente traductrice Josée Kamoun nous fait goûter le fruit coloré en français (le lecteur québécois la remerciera d’ailleurs de ne pas avoir abusé de l’argot).
— Tristan Malavoy-Racine, « Sur la route », Voir, 5 août 2010.
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Hélas ! Sainte-Beuve a raison dʼécrire quʼon durcit à certaines places, quʼon pourrit à dʼautres, mais quʼon ne mûrit pas.
— François Mauriac, le Jeune Homme
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Fuir, il faut fuir, sʼoctroyer la distance,
Apprendre les visages, les ailes, lʼautre versant,
Vivre de guet et de cran, fouler les chemins vieux,
Devenir aussi clairs au retour que les cailloux de la moraine.— Pierre Morency, Amouraska
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J’habite présentement l’astronomique chambre 10220 de la tour ouest des résidences de l’Université de Montréal, au dixième étage. […]
La vie dans les chambres est étrange. On n’y a jamais vraiment l’impression d’être chez soi. Toujours à côté. Toujours du bruit à côté, en face. Des voix qui longent le couloir. Des portes qui claquent. Très peu de visages. On rencontre difficilement les autres chambreurs. Ils sont là, juste à côté. Leur présence nous intrigue, nous nuit, nous parasite, nous empoisonne l’existence petit à petit. On ne remarque pas les chambreurs qui ne font pas de bruit. Les gens civilisés n’existent pas pour le chambreur. Sa chambre est un îlot social dont il tente d’oublier la désolation.
— David Leblanc, Mon nom est Personne



